Ce lexique oenologique regroupe les termes essentiels pour comprendre et apprécier le monde du vin. Il couvre divers aspects de la viticulture, de la vinification et de la dégustation, offrant une base solide pour les amateurs et les professionnels du vin. Chaque terme est brièvement expliqué pour donner une compréhension claire de son importance dans l'univers vinicole.
Les définitions qui suivent vous aideront à mieux appréhender les nuances du vin, depuis sa production jusqu'à sa dégustation. Que vous soyez novice ou connaisseur, ce lexique vous servira de guide pour enrichir votre vocabulaire et approfondir vos connaissances en oenologie.

L'acidité est une sensation gustative due aux acides présents dans le vin. Elle apporte fraîcheur et vivacité au vin, contribuant à son équilibre global. Les principaux acides dans le vin sont l'acide tartrique, l'acide malique et l'acide citrique. Une acidité bien équilibrée peut rendre un vin plus vif et rafraîchissant, tandis qu'une acidité excessive peut le rendre âpre ou trop mordant.
L'aération est l'action d'exposer le vin à l'air pour développer ses arômes. Ce processus, aussi appelé "ouverture" du vin, permet à l'oxygène d'interagir avec le vin, libérant ainsi ses parfums et adoucissant certains tanins. L'aération peut se faire par décantation, en utilisant un aérateur, ou simplement en laissant le vin respirer dans le verre. Elle est particulièrement bénéfique pour les vins jeunes et tanniques.
L'amertume est une saveur perçue principalement sur l'arrière de la langue. Dans le vin, elle provient souvent des tanins, des pépins ou de la rafle. Une légère amertume peut apporter de la complexité à un vin, mais en excès, elle peut être désagréable. L'amertume est plus souvent perçue dans les vins rouges, notamment ceux issus de cépages comme le Cabernet Sauvignon ou le Nebbiolo.
L'ampélographie est la science qui étudie la description et l'identification des cépages. Elle englobe l'étude des caractéristiques physiques des vignes, telles que la forme des feuilles, la structure des grappes, et la couleur des baies. Cette discipline est cruciale pour la classification des cépages, la préservation de la diversité viticole et l'amélioration des pratiques de culture. L'ampélographie moderne utilise également des techniques de génétique pour identifier et classer les cépages.
Les anthocyanes sont des pigments responsables de la couleur des vins rouges. Ces composés phénoliques se trouvent principalement dans la peau des raisins noirs. Pendant la macération, ils sont extraits et donnent au vin sa teinte caractéristique, allant du rouge vif au pourpre profond. Les anthocyanes jouent aussi un rôle dans le vieillissement du vin, contribuant à l'évolution de sa couleur au fil du temps.
Une appellation est une dénomination géographique protégée pour un vin. Elle garantit l'origine et souvent la qualité d'un vin produit dans une région spécifique selon des règles strictes. En France, le système des Appellations d'Origine Contrôlée (AOC) est le plus connu. Il définit les cépages autorisés, les méthodes de culture et de vinification, ainsi que les rendements maximaux. Des systèmes similaires existent dans d'autres pays viticoles, comme les DOC en Italie ou les AVA aux États-Unis.
L'assemblage est le mélange de différents cépages ou millésimes pour créer un vin final. Cette pratique permet aux vignerons de combiner les qualités de différents vins pour obtenir un produit plus complexe et équilibré. L'assemblage est courant dans de nombreuses régions viticoles, notamment à Bordeaux où les vins sont souvent un mélange de Cabernet Sauvignon, Merlot et Cabernet Franc. Dans le Champagne, l'assemblage peut inclure des vins de différentes années pour maintenir un style constant.
L'astringence est une sensation de sécheresse en bouche due aux tanins. Elle se manifeste par une impression de rugosité ou de contraction des muqueuses buccales. Cette caractéristique est particulièrement présente dans les vins rouges jeunes et tanniques. Avec le temps, l'astringence tend à s'adoucir, contribuant à la texture et à la structure du vin. Un certain degré d'astringence est apprécié dans de nombreux vins rouges, mais en excès, elle peut rendre le vin désagréable à boire.
L'attaque désigne la première impression que le vin laisse sur le palais, au moment de son contact initial avec la bouche. Elle peut être douce et ronde, signalant un vin souple et accessible, ou vive et tranchante, révélant une acidité ou une structure tannique plus affirmée. L'attaque donne d'emblée de précieuses indications sur le style du vin : un vin à attaque ample et veloutée suggère de la générosité et de la maturité, tandis qu'une attaque tendue et nerveuse annonce plutôt un vin de fraîcheur et de précision. C'est la première étape de l'analyse en bouche, avant le milieu de bouche et la finale.
Le bâtonnage est une technique de cave qui consiste à remuer les lies (levures mortes et autres dépôts) en suspension dans un tonneau ou une cuve à l'aide d'un bâton ou d'une tige adaptée. Cette opération est réalisée régulièrement, parfois plusieurs fois par semaine, pendant la période d'élevage sur lies. En maintenant les lies en contact prolongé avec le vin, le bâtonnage enrichit celui-ci en polysaccharides et en acides aminés, apportant davantage de rondeur, de corps et de complexité aromatique. Il est particulièrement répandu pour les vins blancs élevés en barrique, notamment les Chardonnay de Bourgogne, à qui il confère cette texture crémeuse si caractéristique.
La biodynamie est une approche holistique de la viticulture qui va au-delà de l'agriculture biologique en intégrant les rythmes lunaires et cosmiques dans le calendrier des travaux viticoles. Fondée sur les enseignements du philosophe autrichien Rudolf Steiner dans les années 1920, elle considère le vignoble comme un organisme vivant en équilibre avec son environnement. Le vigneron biodynamique utilise des préparations naturelles — tisanes de plantes, compost dynamisé, bouse de corne (préparation 500) — pour stimuler la vie des sols et renforcer la résistance naturelle des vignes. Ses partisans estiment que cette approche produit des vins à l'expression de terroir plus authentique et plus vivante, bien que les débats scientifiques sur ses fondements restent ouverts.
Le Botrytis cinerea est un champignon microscopique qui, dans certaines conditions climatiques précises — une alternance de matins humides et brumeux suivis d'après-midis chauds et ventilés —, se développe sur les baies de raisin mûres et les déshydrate progressivement. Ce processus, que l'on appelle alors "pourriture noble", concentre les sucres, les acides et les arômes dans les raisins, permettant la production de grands vins liquoreux. Les plus prestigieux exemples incluent le Sauternes en Gironde, le Tokaji en Hongrie ou les Trockenbeerenauslese allemands. Il est essentiel de distinguer la pourriture noble de la pourriture grise (également causée par Botrytis cinerea mais dans des conditions humides sans séchage), qui, elle, détruit les raisins et est considérée comme un défaut majeur.
Un vin est dit "bouchonné" lorsqu'il présente un défaut dû à un bouchon contaminé. Cette contamination est causée par un composé chimique appelé TCA (2,4,6-trichloroanisole), qui donne au vin une odeur et un goût désagréables de moisi ou de carton mouillé. Ce défaut peut affecter tous les types de vins et rend le produit impropre à la consommation. Bien que moins fréquent aujourd'hui grâce aux améliorations dans la production de bouchons, ce problème reste une préoccupation dans l'industrie vinicole.
Le bouquet désigne l'ensemble des arômes d'un vin. Il se distingue des simples odeurs par sa complexité et son évolution. On différencie généralement le bouquet primaire (arômes provenant du raisin), le bouquet secondaire (arômes issus de la fermentation) et le bouquet tertiaire (arômes développés pendant l'élevage et le vieillissement). Le bouquet d'un vin peut inclure des notes fruitées, florales, épicées, boisées, ou même minérales, reflétant son origine, son élaboration et son âge.
Les Brettanomyces, souvent appelées "Brett", sont des levures sauvages qui peuvent se développer dans le vin. Elles sont capables de produire des composés aromatiques qui, selon leur concentration, peuvent être perçus comme un défaut ou une complexité supplémentaire. À faible dose, elles peuvent apporter des notes de cuir, de fumée ou d'épices. En excès, elles donnent des arômes de sueur de cheval, de pansement ou d'écurie. La présence de Brett est particulièrement controversée dans le monde du vin, certains la considérant comme un défaut majeur, d'autres comme une caractéristique typique de certains terroirs.
Le degré Brix est une unité de mesure de la concentration en sucres dissous dans un liquide, exprimée en grammes de saccharose pour 100 grammes de solution. Dans le domaine viticole, il est utilisé pour évaluer la maturité des raisins et la richesse en sucre du moût avant fermentation. Un raisin de table atteint généralement 16-18° Brix, tandis que les raisins destinés aux grands vins secs dépassent souvent 22-24° Brix. Pour les vins de glace (icewines) canadiens, la réglementation impose un minimum de 35° Brix au pressurage. Le Brix est étroitement lié à d'autres échelles de mesure comme l'Oechsle (Allemagne, Autriche) ou le Baumé (France).
Un cépage est une variété de vigne cultivée pour la production de vin. Chaque cépage possède des caractéristiques uniques en termes de goût, d'arôme et de structure. Par exemple, le Chardonnay produit des vins blancs souvent riches et beurrés, tandis que le Pinot Noir donne des vins rouges légers et fruités. Le choix du cépage est crucial dans la détermination du style et de la qualité du vin final.
La chaptalisation est l'ajout de sucre au moût avant ou pendant la fermentation pour augmenter le degré alcoolique du vin final. Cette pratique, nommée d'après le chimiste français Jean-Antoine Chaptal, est autorisée dans certaines régions viticoles, notamment dans les zones plus fraîches où les raisins peuvent avoir du mal à atteindre une maturité suffisante. La chaptalisation est strictement réglementée et son utilisation varie selon les appellations et les pays.
La clarification est le processus qui consiste à rendre le vin limpide en éliminant les particules en suspension. Cela peut se faire naturellement par sédimentation, ou être accéléré par des techniques comme le collage ou la filtration. La clarification améliore l'aspect visuel du vin et peut également influencer sa stabilité et son goût. Cependant, une clarification excessive peut parfois priver le vin de certains composés contribuant à sa complexité.
La co-fermentation est la pratique qui consiste à faire fermenter ensemble deux cépages différents ou plus dans la même cuve, plutôt que de les vinifier séparément avant de les assembler. Cette technique ancienne est notamment emblématique de l'appellation Côte-Rôtie dans le Rhône Nord, où la Syrah et le Viognier blanc sont traditionnellement co-fermentés dans les mêmes parcelles. La co-fermentation permet aux deux cépages d'interagir aromatiquement et structurellement dès le début du processus : le Viognier, par exemple, stabilise la couleur de la Syrah et lui apporte une dimension parfumée florale impossible à reproduire par simple assemblage après coup. Les résultats obtenus sont souvent uniques et différents de ceux que l'on obtiendrait en mélangeant les deux vins finis.
Le corps d'un vin fait référence à sa texture et à sa densité en bouche. Un vin peut être décrit comme léger, moyen ou corsé. Cette caractéristique est influencée par plusieurs facteurs, notamment le taux d'alcool, la concentration en tanins et en extraits secs. Par exemple, un Pinot Noir tend à avoir un corps léger, tandis qu'un Cabernet Sauvignon est généralement plus corsé. Le corps contribue significativement à l'impression globale du vin.
La cryoextraction (ou cryosélection) est une technique de vinification qui consiste à congeler artificiellement les raisins récoltés — en chambre froide ou avec de l'azote liquide — avant de les presser. Le principe physique est simple : l'eau gèle en premier, et seul le jus concentré en sucres, acides et arômes s'écoule sous la pression du pressoir. Cette méthode est utilisée pour produire des vins liquoreux concentrés, notamment dans les régions où le gel naturel est rare ou insuffisant. Elle est au cœur d'une polémique dans le monde des vins de glace : strictement interdite pour les Eiswein allemands, les Icewines canadiens VQA et les vins autrichiens d'origine protégée, elle reste autorisée dans d'autres contextes. Ses détracteurs estiment qu'elle prive le vin du lien au terroir et à l'aléatoire climatique qui fonde la valeur des vrais vins de glace.
La cryoscopie est une méthode de mesure physicochimique permettant de déterminer le point de congélation d'un liquide — en l'occurrence d'un moût ou d'un vin. Plus un liquide est concentré en substances dissoutes (sucres, acides, sels minéraux), plus son point de congélation est abaissé par rapport à celui de l'eau pure : c'est la loi de dépression cryoscopique. En oenologie, cette technique est utilisée pour évaluer la concentration en sucres d'un moût, notamment dans le cadre de la production de vins de glace, où la mesure de la richesse sucrée au moment du pressurage est déterminante. Elle permet également de détecter certaines fraudes, comme la chaptalisation excessive ou le mouillage (ajout illicite d'eau), qui modifient le point cryoscopique de manière caractéristique.
Le débourbage est une étape de clarification du moût blanc avant la fermentation. Cette opération consiste à éliminer les particules solides en suspension (débris de peau, de pulpe, terre) qui pourraient donner des goûts herbacés ou amers au vin. Le débourbage peut se faire par sédimentation naturelle au froid ou être accéléré par centrifugation ou filtration. Un bon débourbage permet d'obtenir des vins blancs plus fins et plus élégants, tout en facilitant le contrôle de la fermentation.
La décantation est l'action de transvaser un vin de sa bouteille dans un autre récipient, généralement un carafe. Cette pratique a deux objectifs principaux : séparer le vin de ses dépôts pour les vins âgés, et aérer le vin pour développer ses arômes, particulièrement pour les vins jeunes et tanniques. La décantation peut considérablement améliorer l'expérience de dégustation en permettant au vin de s'exprimer pleinement.
Le dégorgement est une étape cruciale dans la méthode traditionnelle de production des vins effervescents, comme le Champagne. Après la seconde fermentation en bouteille, les levures mortes s'accumulent dans le goulot. Le dégorgement consiste à expulser ce dépôt tout en préservant le gaz carbonique dissous dans le vin. Traditionnellement réalisé à la volée, il est aujourd'hui souvent effectué après congélation du col de la bouteille. Après le dégorgement, on ajoute la liqueur d'expédition qui déterminera le dosage final du vin (brut, sec, demi-sec, etc.).
Le dosage est l'étape finale dans l'élaboration des vins effervescents produits selon la méthode traditionnelle (Champagne, Crémant, Cava...). Après le dégorgement — qui expulse le dépôt de levures accumulé dans le goulot —, une quantité précisément mesurée de liqueur d'expédition (un mélange de vin et de sucre) est ajoutée pour compenser le liquide perdu et ajuster le niveau de sucrosité finale du vin. C'est le dosage qui détermine le style du Champagne : un Brut Nature ou Extra Brut contient très peu ou pas de sucre ajouté, tandis que les styles Extra Sec, Sec, Demi-Sec et Doux en contiennent des quantités croissantes. Le dosage est un acte de vinification à part entière, révélateur du style de la maison ou du vigneron.
L'élevage est la période entre la fin de la fermentation et la mise en bouteille du vin. Pendant cette phase, le vin évolue et se stabilise. L'élevage peut se faire en cuve, en fût de chêne, ou dans d'autres contenants. La durée et le type d'élevage influencent grandement les caractéristiques finales du vin, notamment sa structure, ses arômes et sa capacité de vieillissement. Par exemple, un élevage en fût de chêne peut apporter des notes boisées et vanillées au vin.
L'éraflage (ou égrappage) est l'opération qui consiste à séparer les baies de raisin des rafles — c'est-à -dire des tiges et charpentes de la grappe — avant la fermentation. Les rafles contiennent des tanins verts, herbacés et astringents qui, s'ils sont intégrés à la cuvée, peuvent donner des vins durs et végétaux. L'éraflage est aujourd'hui très répandu, en particulier dans les appellations qui recherchent des vins fruités et soyeux. Il s'oppose à la vinification en grappes entières (ou en vendange entière), où les rafles sont conservées intentionnellement pour apporter de la structure, de la fraîcheur et des notes épicées caractéristiques. Cette dernière technique est par exemple utilisée par certains vignerons en Bourgogne ou en Champagne, où elle contribue à la complexité des vins.
La fermentation est le processus biologique par lequel les levures transforment le sucre du raisin en alcool et en dioxyde de carbone. C'est l'étape fondamentale qui transforme le jus de raisin en vin. La fermentation alcoolique est suivie par la fermentation malolactique pour la plupart des vins rouges et certains vins blancs. La maîtrise de la fermentation est cruciale pour déterminer le style et la qualité du vin final.
La finale, ou persistance aromatique, est la durée pendant laquelle les arômes et les saveurs du vin persistent en bouche après l'avoir avalé ou recraché. Une longue finale est généralement considérée comme un signe de qualité. Elle peut révéler des nuances aromatiques qui n'étaient pas perceptibles initialement. La finale peut être décrite en termes de longueur (courte, moyenne, longue) et de caractéristiques (fruitée, épicée, minérale, etc.).
La garde fait référence à la capacité d'un vin à se bonifier avec le temps. Certains vins sont conçus pour être bus jeunes, tandis que d'autres peuvent s'améliorer pendant des décennies. La capacité de garde dépend de nombreux facteurs, dont l'équilibre entre les acides, les tanins et l'alcool, ainsi que les conditions de stockage. Un vin de garde évolue généralement vers des arômes plus complexes et une texture plus soyeuse avec le temps.
Les jambes (ou larmes) désignent les trainées de vin qui coulent lentement le long des parois du verre après qu'on l'a fait tourner. Ce phénomène est causé par l'effet Marangoni : l'alcool s'évapore plus vite que l'eau à la surface du vin, créant une différence de tension de surface qui entraîne le liquide vers le haut, puis le fait redescendre en gouttelettes. Contrairement à une idée très répandue, des jambes épaisses et lentes ne sont pas un indicateur de qualité du vin. Elles signalent simplement une teneur élevée en alcool ou en sucre résiduel — deux paramètres qui peuvent se trouver dans des vins très ordinaires comme dans de grands crus. L'analyse des jambes peut être utile pour avoir une première impression sur le degré alcoolique ou la richesse d'un vin, mais elle ne dit rien de sa complexité ni de son terroir.
Les levures sont des micro-organismes essentiels à la fermentation alcoolique, transformant le sucre du raisin en alcool et en dioxyde de carbone. Elles peuvent être indigènes (naturellement présentes sur les raisins) ou sélectionnées et ajoutées par le vigneron. Le choix des levures influence significativement les caractéristiques aromatiques et gustatives du vin final.
Les lies sont les dépôts qui se forment au fond des cuves ou des bouteilles après la fermentation. Elles sont composées principalement de levures mortes et de particules de raisin. L'élevage sur lies, une pratique courante pour certains vins blancs comme le Muscadet, peut apporter de la complexité et du corps au vin. Cependant, un contact prolongé avec les lies peut parfois donner des arômes indésirables, d'où l'importance du soutirage.
La macération est le processus pendant lequel le moût reste en contact avec les peaux, les pépins et parfois les rafles des raisins. Cette étape est cruciale pour l'extraction des couleurs, des tanins et des arômes, particulièrement pour les vins rouges. La durée et la température de macération influencent grandement le style du vin final. Une macération courte produit des vins plus légers et fruités, tandis qu'une macération longue donne des vins plus structurés et tanniques.
La macération carbonique est une technique de vinification dans laquelle des grappes de raisins entiers, non foulées, sont placées dans une cuve saturée de dioxyde de carbone (CO2). En l'absence d'oxygène, une fermentation intracellulaire s'enclenche à l'intérieur de chaque baie : les enzymes du raisin transforment une partie des sucres en alcool sans intervention de levures externes. Ce processus produit des vins très fruités, aux arômes de fruits rouges frais (banane, fraise, bonbon anglais), avec très peu de tanins et une structure légère. Les vins issus de macération carbonique sont conçus pour être bus jeunes, sans garde prolongée. Cette technique est emblématique du Beaujolais Nouveau et de nombreux crus du Beaujolais, et a également été adoptée dans d'autres régions du monde.
La macération pelliculaire est une technique utilisée principalement pour les vins blancs, consistant à laisser le jus de raisin en contact avec les peaux (pellicules) des baies pendant une durée variable — quelques heures à plusieurs jours — avant ou pendant la fermentation. Ce contact extrait des composés aromatiques, des polyphénols et des précurseurs d'arômes contenus dans les pellicules, apportant davantage de structure, de texture et de complexité au vin blanc. Lorsque la macération pelliculaire est prolongée sur plusieurs jours ou semaines, elle produit des "vins orange" (ou vins de macération), dont la couleur ambrée, la texture tannique et les arômes oxydatifs constituent un style à part entière, très en vogue actuellement. Cette technique est courante en Alsace pour des cépages aromatiques comme le Gewurztraminer ou le Pinot Gris.
La fermentation malolactique, ou FML, est une transformation biochimique qui suit généralement la fermentation alcoolique. Durant ce processus, les bactéries lactiques convertissent l'acide malique (au goût âpre de pomme verte) en acide lactique (plus doux). Cette fermentation réduit l'acidité totale du vin, le rendant plus souple et plus rond en bouche. Elle est presque systématique pour les vins rouges et certains vins blancs comme les Chardonnay. Cependant, certains vins blancs et rosés ne subissent pas cette fermentation pour conserver leur fraîcheur et leur vivacité.
La méthode champenoise, également appelée méthode traditionnelle, est le procédé d'élaboration des vins effervescents de haute qualité, dont le Champagne. Elle se caractérise par une seconde fermentation en bouteille, qui crée les bulles. Les étapes clés incluent l'assemblage du vin de base, l'ajout de la liqueur de tirage (mélange de sucre et de levures), la prise de mousse en bouteille, le vieillissement sur lattes, le remuage, le dégorgement et l'ajout de la liqueur d'expédition. Cette méthode, longue et coûteuse, produit des vins aux bulles fines et persistantes, avec une complexité aromatique développée pendant le vieillissement sur lies.
Le millésime désigne l'année de récolte des raisins utilisés pour produire un vin. Les conditions climatiques variant d'une année à l'autre, chaque millésime a ses propres caractéristiques. Certaines années sont considérées comme exceptionnelles, produisant des vins de grande qualité et de longue garde. Le millésime est particulièrement important pour les vins de régions où le climat varie significativement d'une année à l'autre, comme en Bourgogne ou à Bordeaux.
Le moût est le jus de raisin fraîchement pressé, contenant la pulpe, les peaux et parfois les pépins, avant le début de la fermentation. La qualité du moût est cruciale pour la qualité du vin final. Ses caractéristiques, comme la teneur en sucre et l'acidité, sont soigneusement mesurées par les vignerons pour déterminer le moment optimal de la récolte et ajuster le processus de vinification si nécessaire.
Le nez fait référence aux arômes perçus lorsqu'on sent un vin. On distingue généralement le premier nez (arômes perçus sans agiter le verre) et le second nez (après agitation). Le nez d'un vin peut révéler une grande variété d'arômes, allant des fruits frais aux notes boisées, en passant par des nuances florales ou épicées. L'analyse du nez est une étape importante dans la dégustation, donnant des indications sur le cépage, l'origine et l'âge du vin.
L'Oechsle (symbole : °Oe) est une unité de mesure de la densité du moût de raisin, principalement utilisée en Allemagne, en Autriche et en Suisse pour évaluer la teneur en sucre des raisins à la récolte. Plus la valeur en Oechsle est élevée, plus le moût est riche en sucre et plus le vin potentiel sera alcoolisé ou sucré. Cette mesure est au cœur du système de classification allemand des Prädikatswein : un Kabinett doit atteindre au minimum 67-82 °Oe selon la région, un Spätlese 76-90 °Oe, jusqu'aux Trockenbeerenauslese qui dépassent les 150 °Oe. Pour les Eiswein, la réglementation allemande impose un minimum de 110-128 °Oe, les raisins devant être récoltés et pressés à l'état gelé à -7°C minimum. L'Oechsle est comparable au degré Brix (utilisé en Amérique du Nord) et au degré Baumé (utilisé en France).
L'œnologie est la science qui étudie le vin et sa fabrication. Elle englobe tous les aspects de la production vinicole, de la culture de la vigne à la mise en bouteille, en passant par la fermentation et l'élevage. Les œnologues utilisent leurs connaissances en chimie, microbiologie et analyse sensorielle pour optimiser la qualité du vin et résoudre les problèmes potentiels durant la vinification. L'œnologie moderne combine des techniques traditionnelles avec des technologies avancées pour produire des vins de haute qualité.
L'oxydation est une réaction chimique qui se produit lorsque le vin est exposé à l'oxygène. Une légère oxydation peut être bénéfique, contribuant à l'évolution des arômes et à l'assouplissement des tanins. Cependant, une oxydation excessive peut altérer le vin, lui donnant des notes de pomme ou de noix rances, et une couleur brunie. La gestion de l'oxydation est un aspect crucial de la vinification et du vieillissement du vin.
Le passerillage est un processus de concentration des sucres dans les raisins par dessiccation partielle, c'est-à -dire par évaporation de l'eau contenue dans les baies. Il peut se produire naturellement sur la vigne en cas de surmaturation (on parle alors de raisins passerillés sur souche), ou être réalisé après la récolte en étendant les grappes sur des claies, des nattes ou dans des greniers ventilés. Au fur et à mesure que l'eau s'évapore, les sucres, les acides et les arômes se concentrent dans les baies, donnant naissance à des moûts d'une richesse exceptionnelle. Ce procédé est à la base de vins liquoreux emblématiques comme le Jurançon Moelleux dans le Piémont pyrénéen, l'Amarone della Valpolicella en Italie (avec le raisins séchés en recioto), ou certains Vendanges Tardives alsaciens.
Le phylloxéra est un insecte parasite qui a dévasté les vignobles européens à la fin du 19e siècle. Originaire d'Amérique du Nord, cet insecte attaque les racines des vignes européennes, les détruisant progressivement. La solution trouvée fut de greffer les cépages européens sur des porte-greffes américains résistants. Cet épisode a profondément marqué l'histoire de la viticulture mondiale et continue d'influencer les pratiques viticoles actuelles.
Le pigeage est une technique d'extraction utilisée dans la vinification des vins rouges. Elle consiste à enfoncer manuellement ou mécaniquement le chapeau de marc (l'ensemble des parties solides du raisin qui remontent à la surface pendant la fermentation) dans le moût en fermentation. Cette action favorise l'extraction des composés phénoliques (couleur, tanins) et des arômes contenus dans les peaux des raisins. Le pigeage influence directement la structure et la complexité du vin final. La fréquence et l'intensité du pigeage varient selon le style de vin recherché.
"Pinoter" est un terme du vocabulaire beaujolais désignant la tendance de certains vins issus du cépage Gamay à développer, avec l'âge et dans des conditions de terroir et de vinification particulières, des caractéristiques évoquant le Pinot Noir. Ce phénomène s'observe surtout dans les crus du Beaujolais cultivés sur des sols granitiques — comme Moulin-à -Vent, Morgon ou Chénas — lorsque les rendements sont maîtrisés et les vinifications soignées. Un vin qui "pinote" gagne en finesse, en structure tannique soyeuse et en profondeur aromatique (notes de sous-bois, de fruits rouges évolués, de terre humide), se rapprochant des profils bourguignons. Ce terme témoigne de la complexité et du potentiel de garde souvent sous-estimés de ces vins.
Les polyphénols sont une famille de composés chimiques présents dans le vin, incluant les tanins et les anthocyanes. Ils jouent un rôle crucial dans la couleur, la structure et les propriétés antioxydantes du vin. Les polyphénols proviennent principalement des peaux, des pépins et des rafles des raisins. Leur concentration et leur nature varient selon les cépages et les méthodes de vinification, influençant significativement le caractère du vin.
Le Prädikatswein constitue le niveau de qualité le plus élevé de la classification officielle des vins allemands et autrichiens. Ces vins se distinguent par l'interdiction de la chaptalisation (ajout de sucre avant fermentation) et par une graduation en six catégories déterminées par le degré de maturité — c'est-à -dire la teneur en sucre — des raisins au moment de la récolte, mesurée en degrés Oechsle. Du plus léger au plus concentré : Kabinett, Spätlese, Auslese, Beerenauslese, Trockenbeerenauslese et Eiswein. Il est important de noter que ces dénominations reflètent la richesse du raisin à la récolte et non la douceur du vin fini : un Spätlese ou même un Auslese peut être vinifié totalement sec (trocken). C'est ce paradoxe qui rend le système allemand à la fois fascinant et parfois déroutant pour les amateurs non initiés.
Le pressurage est l'action de presser les raisins ou le marc pour en extraire le jus. Pour les vins blancs, le pressurage se fait généralement immédiatement après la récolte. Pour les vins rouges, il intervient après la macération. La pression et la durée du pressurage influencent la quantité et la qualité du jus extrait. Un pressurage trop intense peut extraire des composés indésirables, affectant la qualité du vin final.
Le remontage est une technique d'extraction utilisée pendant la fermentation des vins rouges. Elle consiste à pomper le jus du fond de la cuve pour le reverser sur le dessus du marc. Cette opération a plusieurs objectifs : homogénéiser la cuve, favoriser l'extraction des composés phénoliques et aromatiques, et oxygéner légèrement le moût pour faciliter le travail des levures. La fréquence et la durée des remontages varient selon le type de vin souhaité : des remontages fréquents donneront des vins plus structurés et tanniques, tandis que des remontages plus légers produiront des vins plus souples et fruités.
La robe désigne l'aspect visuel du vin, principalement sa couleur et sa limpidité. Elle fournit des indications sur le type de vin, son âge et sa qualité. Pour les vins rouges, la robe peut varier du rouge violacé (jeune) au rouge brique (âgé). Pour les blancs, elle va du jaune pâle au doré. L'intensité et la nuance de la robe peuvent révéler des informations sur le cépage, la région et les techniques de vinification utilisées.
La solera est un système d'élevage et de vieillissement traditionnel espagnol, utilisé principalement pour l'élaboration du Xérès (Sherry) et d'autres vins fortifiés ou vins doux naturels. Le principe repose sur une série de fûts disposés en rangées superposées, appelées "criaderas" (nourrices). Le vin le plus jeune est introduit dans les fûts du haut, et chemine progressivement vers le bas, se mélangeant à des vins de plus en plus anciens à chaque étape. C'est dans les fûts de la rangée inférieure — la solera proprement dite — que le vin est prélevé pour la mise en bouteille. Ce système de fractionnement et de blending continu produit un vin dont le style reste remarquablement constant d'une année à l'autre, sans millésime déclaré. Le Xérès Fino, l'Amontillado ou l'Oloroso tirent tous leur caractère de ce procédé unique.
Le soutirage est l'opération qui consiste à séparer le vin clair des lies et des sédiments qui se sont déposés au fond de la cuve ou du fût. Cette technique permet de clarifier le vin et d'éliminer les particules indésirables. Le soutirage peut être effectué plusieurs fois au cours de l'élevage du vin, contribuant à son évolution et à sa stabilisation.
Le sucre résiduel désigne la quantité de sucres (principalement glucose et fructose) qui n'ont pas été transformés en alcool par les levures à l'issue de la fermentation, et qui demeurent dans le vin fini. Il se mesure en grammes par litre (g/L). Par convention, un vin est considéré comme sec lorsqu'il contient moins de 4 g/L de sucre résiduel, demi-sec entre 12 et 45 g/L, moelleux entre 45 et 120 g/L, et liquoreux au-delà de 45 g/L selon les appellations. Le sucre résiduel joue un rôle déterminant dans la texture, l'équilibre et la perception gustative du vin. Il est aussi au coeur des classifications réglementaires des vins effervescents (Brut Nature, Extra Brut, Brut, Extra Sec, Sec, Demi-Sec, Doux) et des grandes appellations de vins doux naturels (Sauternes, Jurançon, Coteaux du Layon...).
Les sulfites sont des composés contenant du soufre, utilisés comme conservateurs dans le vin. Ils jouent un rôle important dans la prévention de l'oxydation et le contrôle des levures et bactéries indésirables. Bien que naturellement présents en petites quantités dans le vin, ils sont souvent ajoutés pendant la vinification. Leur utilisation est réglementée et doit être mentionnée sur l'étiquette en raison de possibles réactions allergiques chez certaines personnes.
La taille est une opération viticole essentielle réalisée pendant le repos végétatif de la vigne, généralement en hiver. Elle consiste à couper une partie des sarments (rameaux) de l'année précédente pour contrôler la croissance de la vigne et sa production. La taille influence directement le rendement et la qualité des raisins. Elle permet de maintenir une forme spécifique à la vigne, d'équilibrer sa charge en fruits, et d'assurer une bonne répartition des grappes. Il existe plusieurs méthodes de taille (Guyot, Cordon de Royat, Gobelet) adaptées aux différents cépages et terroirs.
Les tanins sont des composés polyphénoliques présents principalement dans les vins rouges. Ils proviennent des peaux, des pépins et parfois des rafles des raisins, ainsi que du bois des fûts. Les tanins contribuent à la structure, à la texture et au potentiel de vieillissement du vin. Ils peuvent être perçus comme une sensation d'astringence ou de rugosité en bouche. Avec le temps, les tanins s'adoucissent, contribuant à la complexité du vin.
Le terroir est un concept français qui englobe l'ensemble des facteurs environnementaux influençant la production du vin : le sol, le climat, la topographie, et même les pratiques culturales locales. Il est considéré comme un élément clé dans la détermination du caractère unique d'un vin. Le terroir explique pourquoi des vins produits à partir du même cépage peuvent avoir des caractéristiques très différentes selon leur lieu d'origine.
La vendange est la récolte des raisins destinés à la vinification. Le moment de la vendange est crucial, car il détermine la maturité des raisins et donc les caractéristiques du vin final. Les vendanges peuvent être manuelles ou mécaniques, et se déroulent généralement entre août et octobre dans l'hémisphère nord, selon les régions et les cépages.
La véraison est un stade crucial du cycle de croissance de la vigne, marquant le début de la maturation des raisins. Elle se caractérise par un changement de couleur des baies : les raisins blancs passent du vert au jaune translucide, tandis que les raisins rouges prennent une teinte rouge ou noire. Au-delà du changement de couleur, la véraison s'accompagne d'un ramollissement des baies et du début de l'accumulation des sucres. Ce stade est un indicateur important pour les vignerons, leur permettant d'estimer la date des vendanges environ 45 jours plus tard.
La vinification est l'ensemble des opérations permettant de transformer le raisin en vin. Elle comprend plusieurs étapes, dont la récolte, le foulage, la fermentation, le pressurage, l'élevage et la mise en bouteille. Les techniques de vinification varient selon le type de vin souhaité (rouge, blanc, rosé, pétillant) et les traditions régionales.
Vitis vinifera est l'espèce de vigne la plus couramment utilisée pour la production de vin dans le monde. Originaire d'Europe et du bassin méditerranéen, elle comprend des milliers de cépages différents, dont les plus connus sont le Cabernet Sauvignon, le Merlot, le Chardonnay ou le Pinot Noir. Contrairement à d'autres espèces de Vitis, la vinifera est particulièrement adaptée à la vinification grâce à sa teneur en sucre et son équilibre entre acidité et tanins. Cependant, elle est sensible à certaines maladies, notamment le phylloxéra, ce qui a conduit à la pratique du greffage sur des porte-greffes américains résistants.
En œnologie, le terme "volatile" fait généralement référence aux composés aromatiques qui s'évaporent facilement, contribuant ainsi au bouquet du vin. Cependant, l'acidité volatile, principalement composée d'acide acétique, est un paramètre important à surveiller car en excès, elle peut indiquer une altération du vin.
Le Xérès est un vin fortifié produit dans la région de Jerez en Espagne. Il est élaboré principalement à partir du cépage Palomino et se caractérise par un processus de vieillissement unique appelé "solera". Les styles de Xérès varient du très sec (Fino) au très doux (Pedro Ximénez), offrant une grande diversité de profils aromatiques et gustatifs.
La zymologie est l'étude scientifique de la fermentation. Dans le contexte du vin, elle se concentre sur les processus biochimiques impliqués dans la transformation du moût en vin, notamment l'action des levures et des bactéries. Les connaissances en zymologie sont cruciales pour contrôler et optimiser la fermentation, un aspect clé de la production de vin de qualité.